Entre angoisse et émerveillement, la famille d'un astronaute suspendue à Artemis
"Il ne verra plus jamais la Lune comme avant": une semaine après le décollage de son époux pour l'espace lointain, la Canadienne Catherine Hansen revient auprès de l'AFP sur cette expérience hors du commun.
Cette gynécologue-obstétricienne vit depuis le 1er avril au rythme de la mission Artémis II, à laquelle participe son mari, Jeremy Hansen, aux côtés de trois astronautes de la Nasa.
Parti de Floride à bord de l'immense fusée orange et blanche SLS de la Nasa, il est devenu ces derniers jours le premier non-Américain à s'aventurer jusqu'à la Lune, à environ 400.000 kilomètres de la Terre.
"Quand je regarde la Lune, elle me paraît désormais différente", sourit son épouse, qui arbore des mini-répliques de la fusée SLS en guise de boucles d'oreilles.
"C'est incroyable de savoir qu'ils étaient si proches", poursuit-elle, encore sonnée par l'expérience, lors d'un appel vidéo.
"Il ne verra plus jamais la Lune de la même façon et il continuera sans aucun doute à nous raconter, à nous et à tout le monde, ce qu'il a ressenti en étant si près de ce corps céleste", poursuit-elle.
- Regard vers le ciel -
Avant son départ, son époux lui avait fait cadeau d'"une paire de jumelles" pour regarder la Lune et suivre ses aventures, raconte-t-elle.
"Avec notre famille, nous nous allongions au sol pour observer divers endroits de la Lune qu'il identifiait grâce à ses cartes et manuels d'études".
Lors de son vol autour de l'astre, l'équipage a retrouvé certains de ces sites mais est aussi passé derrière la face cachée de la Lune, ce qui a occasionné une coupure totale des communications pendant environ 40 minutes.
Un moment qu'appréhendait particulièrement Catherine Hansen. "Je voulais être là pour ça, car en tant que personne qui n'a jamais volé dans l'espace, je voulais m'assurer qu'ils récupéraient bien le signal", confie-t-elle.
La Canadienne a néanmoins été surprise par "l'énergie qui régnait dans la salle de contrôle de mission" où "il n'y avait ni stress ni anxiété".
"Tout le monde était simplement convaincu (...) que cela allait revenir", se souvient-elle.
Et de résumer: "cela a été une semaine très forte en émotions".
En amont du décollage, elle et ses trois enfants avaient enregistré des vidéos que Jeremy Hansen n'a découvertes qu'une fois près de la Lune.
"C'était vraiment quelque chose", a-t-il livré mercredi soir, ému, lors d'une conférence de presse.
- "Sans mot" -
En tout, il y a eu "beaucoup de bonheur, d'enthousiasme, de joie", mais aussi "des moments d'émotion" et d'"angoisse", dit son épouse, qui se prépare à présent à un autre moment de grande intensité: le retour vendredi de l'équipage sur Terre.
En signant avec Artémis II son premier vol spatial, Jeremy Hansen s'est en effet engagé dans une aventure risquée, la première à emporter des humains jusqu'à la Lune en plus d'un demi-siècle.
Une "mission test" selon les mots de la Nasa qui vise à s'assurer de la fiabilité de la fusée et du vaisseau, qui n'avaient jusqu'ici transporté personne.
Au moment critique du décollage, Mme Hansen était avec ses enfants et les familles des trois autres astronautes à proximité du pas de tir, en Floride.
"C'était absolument incroyable. Je crois que tout le monde était sans mot", se souvient-elle, décrivant le torrent d'émotions les ayant alors traversés.
Avec en premier, de la stupéfaction, car la famille ne s'attendait pas à assister à un décollage ce jour-là, glisse-t-elle, les lancements étant fréquemment reportés dans le milieu spatial: "Je ne pense pas que quiconque y était vraiment préparé".
F.Coineagan --NG