Super-G: doublé pour Paris, Odermatt la tête ailleurs
Bis repetita sur la neige norvégienne de Kvitfjell: comme la veille en descente, l'Italien Dominik Paris s'est offert dimanche l'ultime super-G de la saison, que le Suisse Marco Odermatt, déjà assuré de son quatrième globe consécutif dans la discipline, a fini à une anonyme 19e place.
Tout en puissance, optant pour la ligne la plus directe, le colosse de Merano s'est joué de la piste des JO-1994 de Lillehammer, salée et déjà marquée, pour coiffer les Autrichiens Vincent Kriechmayr et Raphael Haaser de respectivement 7/100es et 38/100es.
A 36 ans, Paris remporte une 26e victoire sur le circuit mondial - la 6e en super-G -, et un huitième succès sur l'Olympiabakken, l'un de ses deux jardins avec le vertigineux tracé italien de Bormio (sept victoires).
"C'est une surprise pour moi aussi", a-t-il déclaré à l'arrivée, cité par la Gazzetta dello Sport. "Je ne m'attendais pas à une nouvelle victoire. Les sensations sous les pieds étaient très étranges, avec cette neige très irrégulière. J'ai essayé d'aller vite et quand j'ai vu le vert à l'arrivée, j'ai dû regarder deux fois car je n'arrivais pas à y croire."
Le vétéran de la vitesse parachève au passage la démonstration italienne lors de ces finales, après le doublé victoire-globe réalisé samedi par Laura Pirovano en descente, et dimanche matin par Sofia Goggia en super-G.
Comme les trois saisons précédentes, le globe masculin du super-G reste néanmoins entre les mains de Marco Odermatt, bien qu'il ait signé dimanche sa pire manche (19e à 1 sec 97) dans la discipline depuis quatre ans... déjà sur cette même piste.
- Dernier défi mardi pour Odermatt -
"Je pourrai savourer dans quelques heures, mais c'est toujours mieux de récupérer un globe après une bonne performance (...) Pour l'instant ces émotions sont un peu plus présentes", a reconnu le Nidwaldien de 28 ans au micro de la Fédération internationale de ski.
Vainqueur cet hiver des super-G de Copper Mountain et de Kitzbühel - pour la deuxième année consécutive -, il n'était pas sorti du Top 5 depuis 14 mois dans la spécialité, une régularité qui lui permet de devancer Vincent Kriechmayr et Raphael Haaser sur le podium final.
Egalement assuré d'un cinquième gros globe consécutif, "Odi" avait multiplié cette semaine les manches de géant sur la neige norvégienne, au détriment de la vitesse, car un dernier défi l'attend.
Mardi, il tentera en effet de remporter pour la cinquième fois le classement du géant. Dans cette discipline qu'il a longtemps survolée, et qui lui a apporté 29 de ses 54 succès sur le circuit mondial, il doit désormais résister au retour du champion olympique en titre Lucas Pinheiro Braathen, qui porte les couleurs brésiliennes après avoir défendu celles de la Norvège.
"C'est sûr que la batterie commence doucement à se vider, et aujourd'hui la motivation pour courir n'était pas au plus haut. Mais j'espère pouvoir la maintenir pour mardi", a-t-il confié à la FIS.
Côté français, Matthieu Bailet et Nils Allègre ont fini devant le génie suisse, prenant respectivement les 15e et 16e places. Au classement final de la discipline, ils pointent respectivement aux 23e et 13e rangs. A 18 ans, le champion du monde junior de la discipline Victor Haghighat a refermé le portillon pour ses premiers pas en Coupe du monde - comme sa compatriote Emy Charbonnier chez les femmes -, signant le 26e et dernier chrono.
W.Prendergast--NG