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Bansko, la station de ski bulgare devenue refuge pour nomades numériques
Bansko, la station de ski bulgare devenue refuge pour nomades numériques / Photo: Nikolay DOYCHINOV - AFP

Bansko, la station de ski bulgare devenue refuge pour nomades numériques

Lorsque la Française Anne Dupal et sa famille débarquent début 2022 à Bansko, petite commune de Bulgarie connue pour son domaine skiable, l'endroit ne correspond pas vraiment à leur "vibe".

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"Lumières flashy, genre sex club, musique techno, des rabatteurs pour les restaurants", se souvient cette ancienne graphiste parisienne de 47 ans.

Mais c'est dans cette ville de montagne du sud-ouest de la Bulgarie qu'elle, son mari et leurs deux enfants disent avoir trouvé leur équilibre, et aujourd'hui ils font partie des centaines de familles venues du monde entier à s'y être installées durablement, dynamisant l'économie locale jusque-là dépendante des sports d'hiver.

Au-dessus des maisons en pierre et des rues pavées de la commune de 10.000 habitants se dessine la silhouette des sommets karstiques du Pirin, dominée par le mont Vihren (2.914 m).

Les 75 kilomètres de pistes du domaine skiable accueillent ces dernières années des manches de la Coupe du monde.

A moins de deux heures de la capitale Sofia et à deux heures et demie des côtes grecques, entourée de sources thermales, la ville attire désormais aussi pour sa qualité de vie, sa connexion internet rapide ainsi qu'une fiscalité bulgare avantageuse.

Pour Anne Dupal et son époux Christian Rudnicki, ex-graphiste également, Bansko, où ils ont lancé une micro-boulangerie, offre un mélange inattendu de proximité villageoise et d'ouverture internationale.

M. Rudnicki se réjouit ainsi d'"avoir la grand-mère à côté, qui vient m'apporter des tomates ou des herbes, et, après, rencontrer une famille d'Indonésiens à la boulangerie" tandis qu'Anne Dupal se dit séduite par l'identité locale forte.

Dans le centre de la vieille ville, un ancien grand magasin a été reconverti en un espace de coworking moderne, où aime venir travailler Oscar Train.

Le jeune Danois de 25 ans qui a grandi outre-Manche a posé ses valises à Bansko en 2021, attiré par les commentaires élogieux lus sur les réseaux sociaux, et la perspective de payer 10% d'impôt quand au Royaume-Uni "ce serait 45%".

Il y a rencontré son épouse, elle aussi nomade numérique, et en hiver n'aime rien de mieux que commencer sa journée par deux heures sur les pistes, grâce au décalage horaire avec Londres, où se trouve la société d'assurances qui l'emploie.

Le maire de Bansko, Stoycho Banenski, dit avoir du mal à estimer le nombre exact d'étrangers installés, mais l'ampleur du phénomène se mesure aux espaces de coworking "où on compte 500 à 600 personnes".

Sauveteur en montagne, M. Banenski voit dans ce succès une alternative bienvenue à l'économie des sports d'hiver de plus en plus fragilisée par le changement climatique.

Selon un rapport de février 2026 de l'Institute of Market Economics, un centre de réflexion basé à Sofia, l'installation d'étrangers contribue à lisser la saisonnalité des revenus.

- Gentrification -

Parmi eux, la septuagénaire Lilia Tes explique avoir cherché "une petite ville en Europe où nous pourrions venir profiter du calme, de la forêt, sans musées".

Bibliothécaire à Saint-Pétersbourg jusqu'aux années 1990, avant de s'installer en Israël, elle y a acheté un appartement en 2017 et y vient plusieurs fois par an.

Svitlana Karabin et Viktor Vavrynchuk, deux artistes ukrainiens, sont eux arrivés il y a huit mois. Ils vendent des tapis traditionnels en laine de mouton, tissés par la tante de Viktor.

Le couple proche de la quarantaine, qui se proclame "nomade dans l'âme", apprécie l'amabilité des habitants ainsi que la multitude de nationalités rencontrées. "Tu voyages à travers le monde sans voyager", dit Svitlana.

La ville a vu fleurir des cafés et restaurants hauts de gamme et "les jeunes en profitent", apprécie Nikola Kalistrin, 29 ans, natif de Bansko.

Cette internationalisation, qui culmine avec la "Fête nomade" en été, une semaine d'activités culturelles célébrant le mode de vie nomade, a aussi son revers, constate toutefois Anne Dupal : la hausse du coût de la vie.

"Il y a une gentrification qui est liée, je pense, malheureusement, à des personnes comme nous, mais aussi à beaucoup de Bulgares qui quittent les villes", souligne-t-elle.

C.Queeney--NG