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Rejet d'une demande de suspendre la construction d'une autoroute en Haute-Savoie
Rejet d'une demande de suspendre la construction d'une autoroute en Haute-Savoie / Photo: Fabrice COFFRINI - AFP

Rejet d'une demande de suspendre la construction d'une autoroute en Haute-Savoie

La justice administrative, saisie en urgence, a rejeté jeudi la demande de défenseurs de l'environnement, agriculteurs et riverains de suspendre les travaux d'une nouvelle autoroute en Haute-Savoie dont ils estiment l'impact environnemental à "contresens de l'urgence climatique".

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Un mois et demi après une autorisation préfectorale de travaux de la future A412, longue de 16,5 km censée, selon l'État, "désenclaver" la région du Chablais, en lisière de la Suisse, en soulageant l'intense trafic pendulaire des travailleurs transfrontaliers, le concessionnaire a déjà défriché 85% des quelque 180 hectares prévus. L'équivalent de 252 terrains de football de forêt, terres agricoles et de zones humides.

Malgré les sit-in et occupation des cimes par des grimpeurs, organisés par un collectif regroupant 21 organisations de défense de l'environnement, syndicats d'agriculteurs et riverains, le concessionnaire Amedea, filiale du groupe Eiffage, a rapidement avancé dans le déboisement.

Les gendarmes délogeant systématiquement les opposants, au prix, selon ces derniers, de 47 gardes à vue et d'innombrables amendes.

Jeudi, au lendemain d'une longue audience, le juge des référés de la cour administrative d'appel de Lyon a estimé que, dans l'attente du jugement au fond sur la légalité de l'autorisation environnementale du chantier, "la condition d'urgence" à suspendre les travaux au motif que les dommages seront "irréversibles" n'était pas remplie.

Il a aussi rappelé que la construction de cette autoroute, destinée à soulager le trafic entre Thonon-les-Bains et l'agglomération de Genève, avait été déclarée d'utilité publique par un décret dont la légalité a été validée par le Conseil d'État en 2025.

"Cette décision illustre le positionnement classique de la justice administrative" et son "inadaptation" face aux enjeux environnementaux, "avec un seul juge, qui ne peut raisonnablement trancher en toute connaissance de cause un dossier de plusieurs milliers de pages", a déploré Me François Zind, l'avocat du collectif qui annonce à l'AFP son pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat.

La veille, il avait plaidé notamment l'urgence à suspendre les travaux au regard d'un "doute sérieux" sur la légalité de l'autorisation environnementale. Légalité sur laquelle la cour administrative d'appel, saisie par le collectif, doit se prononcer au fond, dans un délai estimé à dix mois.

Le collectif emmené par France Nature Environnement (FNE) estime que cette autoroute sera "inutile" pour soulager le trafic, plaide pour des solutions alternatives (rail, autobus), mais, surtout, que le projet viole la loi et les règlements européens sur la protection de l'environnement.

Selon, lui, elle met en danger, par un surcroît de rejet de CO2 et l'asséchement de nappes phréatiques notamment, la lutte contre le réchauffement climatique, la survie de 130 espèces protégées et d'au moins 33 exploitations agricoles du Chablais.

Y.Urquhart--NG