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Blocage des lycées : Matignon condamne des "violences urbaines" et incrimine LFI
Blocage des lycées : Matignon condamne des "violences urbaines" et incrimine LFI / Photo: LOU BENOIST - AFP

Blocage des lycées : Matignon condamne des "violences urbaines" et incrimine LFI

Proviseurs agressés, dégradations, incendies... Le mouvement de blocage des lycéens, rejoint par les étudiants, pour demander davantage de moyens, s'est enflammé jeudi dans de nombreuses villes de France, Matignon condamnant des "violences urbaines" et en imputant la responsabilité à La France insoumise.

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En tout, 900 actions ont été dénombrées ce jeudi devant des lycées, tous les départements étant désormais concernés, selon une source sécuritaire.

Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a aussitôt appelé le gouvernement "à ne pas à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l'infantilisation des lycéens".

Dans de nombreuses villes, des poubelles ont été renversées sur la chaussée, des feux allumés devant ou dans les établissements, des projectiles lancés, des abribus brisés et des mortiers d'artifice et gaz lacrymogènes tirés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

- "Réponse pénale" -

Plusieurs proviseurs ont été agressés ou molestés, comme en Normandie, à Clermont-Ferrand ou encore à Auchel (Pas-de-Calais). "S'en prendre à des chefs d'établissements, c'est se tromper de sujet", a estimé Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du syndicat de chefs d'établissements SNPDEN-Unsa, rappelant que ceux-ci n'ont par exemple "pas les moyens de passer de 35 (élèves) à 25 en classe de terminale".

A Marseille, "deux proviseurs ont fait l’objet de violences", selon la préfecture. Les transports publics de la ville ont été interrompus. Des pompiers ont été pris à partie alors qu'ils intervenaient sur un feu devant le lycée Saint-Exupéry. Un camion a été incendié et un pompier a eu le nez fracturé, selon le parquet. Devant ce même lycée, un journaliste de M6 a été agressé et sa caméra cassée, a indiqué le groupe.

A Perpignan, où six lycées ont été bloqués, une jeune fille a été blessée durant une manifestation par un projectile venant de la foule, selon la police. A Carcassonne, ce sont deux policiers qui ont été légèrement blessés, selon la préfecture. A Paris, un policier municipal a été blessé par des jeunes qui s'en sont pris à son véhicule, a déploré le maire PS de la capitale Emmanuel Grégoire.

Des incidents violents ont également eu lieu à Besançon et à Toulouse où des jeunes ont envahi les rails du tramway, bloquant la circulation en certains points. A Strasbourg, la circulation des trams a été interrompue pour "limiter les mouvements des manifestants".

Face à ces violences, le garde des Sceaux Gérald Darmanin reçoit depuis 17H30 en visioconférence les 36 procureurs généraux pour "faire un point sur la fermeté de la réponse pénale" qu'il souhaite y apporter.

"On manifeste contre les classes surchargées, contre ce gouvernement qui (...) n'investit pas dans du chauffage, des climatisations, les salaires de nos profs", a expliqué à l'AFP Maëlle, lycéenne caennaise de 16 ans.

"Les casseurs font chier. La plupart ne sont même pas de notre lycée. Mais la violence des CRS, les lacrymos à tout-va, les matraques, ça on ne peut pas l'entendre comme seule réponse du gouvernement. Et malheureusement, tant que ça ne secoue pas, de meilleures conditions dans nos lycées et internats n'intéressent personne", déplore Céline, élève au lycée Gustave Eiffel de Bordeaux.

Appelant à un "acte deux" après la première mobilisation nationale de mardi, les étudiants ont rejoint le mouvement jeudi, avec une trentaine de campus bloqués, selon le syndicat l'Union étudiante. Des collèges ont aussi rejoint le mouvement, comme dans le Rhône où la préfecture en a comptabilisé 5 sur 36 établissements mobilisés.

- "Ligne rouge" -

Sébastien Lecornu a demandé à ses ministres de renoncer à leurs déplacements dans les prochains jours pour que les préfets puissent se concentrer sur la gestion du mouvement.

Le Premier ministre avait dénoncé dès lundi sur le réseau X une "surenchère irresponsable" d'élus de la France insoumise qui avaient appelé à "étendre" le mouvement de blocage des lycées.

Le leader LFI Jean-Luc Mélenchon avait aussitôt répliqué en l’accusant d'avoir "ordonné la répression" du mouvement "avec un arrière-goût raciste évident", appelant élus et militants Insoumis à s'"interposer partout où" ils le peuvent.

Les politiques ont multiplié les réactions face à la gestion du mouvement: le patron du PS Olivier Faure a fustigé "l'irresponsabilité du gouvernement" tandis que Bruno Retailleau, candidat LR à la présidentielle, a appelé à faire interdire LFI.

Trois enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN, la police des polices, après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d'établissements.

"Il y a un usage très proportionnel" des "armes intermédiaires", notamment du gaz lacrymogène, a cependant assuré le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez.

Pendant que les lycéens se mobilisaient, le gouvernement a présenté jeudi matin son projet de budget, prévoyant notamment de faire payer 178 euros de droits annuels en BTS aux étudiants non boursiers, 270 euros pour ceux en classes préparatoires aux grandes écoles. Une mesure dénoncée comme une "provocation" par la gauche et la CGT.

Une nouvelle journée de mobilisation est attendue le 6 octobre, à l'appel des organisations lycéennes et étudiantes.

bur-jpa-cra-cal/swi

O.Somerville--NG