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Ethiopie: internet perturbé dans le nord, en proie à des combats
Ethiopie: internet perturbé dans le nord, en proie à des combats / Photo: - - AFP

Ethiopie: internet perturbé dans le nord, en proie à des combats

L'internet et les télécommunications sont perturbés vendredi dans le nord de l'Ethiopie, en proie à des combats et où les autorités rebelles de l'Etat régional du Tigré sont dit en "guerre totale" contre le gouvernement fédéral.

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Les combats ont repris mercredi dans le nord du pays, où les autorités rebelles ont dit faire face à une "invasion" des forces fédérales après un premier conflit sanglant entre 2020 et 2022.

Vendredi, l'observatoire international Netblocks a dit détecter "une perturbation locale de l'internet dans le nord de l'Ethiopie, correspondant à des informations faisant état d'une coupure totale des télécoms au Tigré". L'AFP a constaté que ses messages et appels vers le Tigré n'aboutissent pas.

Lors du précédent conflit, le gouvernement fédéral avait coupé tous les réseaux de télécommunications et l'internet au Tigré, ainsi que la fourniture d'électricité et les services bancaires. L'Etat régional avait été soumis à un quasi-siège.

Cette guerre entre 2020 et 2022 avait été l'une des plus meurtrières au monde ces dernières années, avec au moins 600.000 morts selon l'Union africaine, une estimation jugée basse par de nombreux experts.

Elle avait été suspendue avec la signature, à Pretoria en novembre 2022, d'un cessez-le-feu entre le gouvernement fédéral du Premier ministre Abiy Ahmed et le TPLF, parti qui avait gouverné l'Ethiopie durant trois décennies et qui dirige de fait le Tigré, Etat le plus septentrional de ce pays de 130 millions d'habitants.

- Appels à la "désescalade" -

Sur fond d'antagonisme croissant avec l'Erythrée, à la frontière du Tigré, le gouvernement et le TPLF ont massé des troupes ces derniers mois. Des combats avaient déjà éclaté en début d'année et des drones éthiopiens ont frappé des dizaines de fois la région depuis début août.

Des affrontements ont opposé jeudi les forces fédérales et des groupes armés, notamment en Afar, où les troupes tigréennes se sont emparées de plusieurs localités mercredi.

Une source humanitaire en Afar, qui a requis l'anonymat, a fait état de tirs à l'arme lourde autour de la localité de Yalo, à une quarantaine de kilomètres du Tigré. "Il y a des blessés et des personnes déplacées", a déclaré cette source.

"Il y a des combats partout", a indiqué Amanuel Assefa, vice-président du TPLF, dont les troupes ont dit avoir pris mercredi le contrôle des trois aéroports du Tigré.

Des combats ont également eu lieu jeudi dans l'Etat régional de l'Amhara, où des affrontements ont été signalés près de Lalibela, ville sainte connue pour ses églises creusées dans la roche et inscrites au patrimoine mondial de l'Unesco. Les vols vers et depuis Lalibela sont suspendus, a indiqué à l'AFP une source sécuritaire en Ethiopie.

L'armée fédérale a affirmé jeudi avoir tué 272 rebelles depuis le début des combats dans le nord du pays mardi.

L'Union africaine et l'Union européenne ont appelé à une "désescalade immédiate" face au risque de voir cette reprise des hostilités dégénérer à nouveau en guerre à grande échelle.

- "Désescalade immédiate" -

Sept groupes opposés au gouvernement fédéral dans diverses zones du pays - dont le TPLF, les milices amhara Fano et l'Armée de libération oromo (OLA) - avaient annoncé dimanche s'allier en vue de "renverser" l'exécutif d'Addis Abeba.

Mercredi, cette "Coalition pour la survie" avait affirmé répliquer à des "attaques d'ampleur, aériennes et terrestres", de l'armée fédérale.

Amanuel Assefa a assuré que des combattants du TPLF se battaient aux côtés de membres de groupes armés en Afar et Amhara, comme le préconise cette alliance.

Des combats ont également été signalés autour de Waldiya, localité stratégique de l'Amhara, située à environ 330 km d'Addis Abeba sur un axe majeur menant à la capitale.

L'objectif des groupes armés est de "prendre" Addis Abeba, "mais les manœuvres tactiques qu'ils comptent employer pour atteindre la ville restent inconnues", estime Kjetil Tronvoll, spécialiste de la région à l'Oslo New University College (Norvège). "Toutefois, il n'existe qu'un nombre limité d'itinéraires menant à la capitale et l'une des routes principales part de Waldiya".

En Afar, le but des rebelles est également de couper l'approvisionnement d'Addis Abeba, cette fois-ci avec Djibouti, port par lequel passe l'essentiel des importations éthiopiennes, affirme le chercheur.

Sollicitée par l'AFP, la porte-parole du Premier ministre Abiy Ahmed n'a pour l'heure pas donné suite.

Hasard du calendrier, les Etats-Unis ont levé en septembre les sanctions et l'embargo sur les armes qui visaient l'Ethiopie et l'Erythrée depuis la guerre du Tigré.

Le gouvernement de M. Abiy accuse le TPLF de s'être rapproché de groupes armés d'autres Etats régionaux, ainsi que de l'Erythrée, ex-province éthiopienne ayant acquis par les armes son indépendance en 1993 et qui entretient historiquement des relations tendues avec son immense voisin.

D.R.Megahan--NG