Trump promulgue une loi imposant de nouvelles sanctions contre la Russie
Donald Trump a promulgué vendredi une loi imposant de nouvelles sanctions à la Russie à cause de la guerre en Ukraine, et visant en particulier le secteur de l'énergie russe.
Le texte, qui constitue la première action majeure du Congrès contre Moscou depuis le retour au pouvoir du président américain, porte le nom de son principal promoteur, le sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, farouche défenseur de l'Ukraine et pourfendeur de la Russie et de l'Iran.
La loi a aussi pour ardent soutien le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Ce nouvel arsenal législatif cible pour la première fois la flotte fantôme russe, et vise également le président Vladimir Poutine, ainsi que d'autres hauts responsables russes.
Il donne en particulier à Donald Trump, qui de son côté a plutôt ménagé Moscou jusqu'ici, le pouvoir d'imposer des droits de douane pouvant atteindre jusqu'à 100% sur les cinq principaux pays importateurs de gaz et de pétrole russes, dont la Chine et l'Inde.
La promulgation de la loi survient une semaine avant une rencontre entre Donald Trump et Xi Jinping à Washington.
La loi avait été adoptée jeudi par la Chambre des représentants, après avoir déjà passé le Sénat, l'autre chambre du Congrès américain, en août.
- "Unilatérales" -
Donald Trump a promulgué le texte peu après avoir relancé, du moins en apparence, le dialogue avec Kiev et Moscou, où se sont rendus récemment ses émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner.
La loi promulguée représente "un outil extrêmement puissant capable de mettre un terme à cette guerre terroriste et de pousser la Russie à faire la paix", a réagi Volodymyr Zelensky sur X.
"Les sanctions doivent être sévères pour que tous les efforts en faveur de la paix — y compris nos efforts diplomatiques conjoints avec les États-Unis, l'Europe et nos autres alliés — puissent aboutir", a ajouté le président ukrainien, qui s'était démené en faveur du projet, en particulier lors d'une visite à Washington en juillet.
La Chine, importante acheteuse de pétrole russe et qui pourrait potentiellement être visée par des sanctions américaines, a déploré samedi, par la voix de son ministère du Commerce, des mesures américaines "unilatérales", non autorisées par l'ONU et "sans fondement" en droit international.
"Nous suivrons de près les démarches à venir des Etats-Unis et nous nous réservons le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement la souveraineté nationale et les intérêts de développement de la Chine, ainsi que les droits et intérêts, légitimes et justes, des entreprises chinoises", a-t-il indiqué dans un communiqué.
- Missiles et drones -
L'Inde avait affirmé jeudi vouloir continuer à diversifier ses sources d'approvisionnement en pétrole.
Alliée traditionnelle de la Russie, l'Inde a continué à en importer du pétrole malgré les sanctions des Etats-Unis, qui affirment que ces achats financent la guerre de Moscou contre l'Ukraine.
Les partisans de l'adoption de cette nouvelle législation estiment qu'une pression économique supplémentaire est nécessaire contre la Russie, qui a lancé en février 2022 une invasion à grande échelle de l'Ukraine.
Pour les soutiens de l'Ukraine, le renforcement des sanctions contre la Russie et ses alliés, même indirects, est nécessaire alors que Moscou multiplie les frappes sur l'Ukraine, avec des missiles et des drones.
Confrontée à une ligne de front figée, où les gains territoriaux sont quasiment nuls, la Russie tente d'accentuer la pression sur l'arrière pour saper le moral de la société ukrainienne.
Depuis cet été, profitant de l'épuisement des défenses antiaériennes ukrainiennes, de sa puissance industrielle et de la mise au point des drones à réaction, la Russie bombarde de plus en plus massivement l'Ukraine, visant des cibles sans intérêt militaire évident.
burx-aue/eml
W.P.Walsh--NG