Nottingham Guardian - Qui sont ZeroBytes, les pirates du fisc qui affirment avoir vendu les données volées ?

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Qui sont ZeroBytes, les pirates du fisc qui affirment avoir vendu les données volées ?
Qui sont ZeroBytes, les pirates du fisc qui affirment avoir vendu les données volées ? / Photo: Damien MEYER - AFP/Archives

Qui sont ZeroBytes, les pirates du fisc qui affirment avoir vendu les données volées ?

Se présentant comme un duo français, ZeroBytes, les pirates derrière le vol massif de données au fisc, déjà connus pour de précédentes cyberattaques, ont déclaré lundi à l'AFP avoir vendu leur butin, une affirmation à ce stade invérifiable.

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Selon le groupe, les fichiers ont été vendus à "deux personnes" pour une somme se chiffrant en "milliers d'euros". Il refuse d'en dire davantage sur les acheteurs.

"Les données sont toujours en vente", ajoute-t-il, une même base pouvant être copiée et cédée à plusieurs clients.

ZeroBytes affirme être composé de deux pirates se présentant comme français. L'AFP a échangé avec le groupe sur Telegram, à partir de coordonnées publiées sur un forum du dark web consacré à la vente de données volées.

Interrogé sur ses objectifs, le duo assure ne pas avoir de "motivations précises", si ce n'est "l'argent, j'imagine".

Mine d'or pour les escrocs

La Direction générale des finances publiques (DGFiP) a confirmé le 14 août deux intrusions, survenues fin juin et fin juillet, ainsi que le vol de données concernant au moins 678.000 particuliers et professionnels et environ 200.000 comptes présents dans ses fichiers cadastraux.

Parmi les informations fiscales des particuliers dérobées figurent les noms et prénoms, le revenu fiscal de référence, le quotient familial ou encore le taux de prélèvement à la source.

Les données concernant les professionnels sont "moins sensibles", selon la DGFiP. Un échantillon consulté par l'AFP contenait principalement des informations sur des petites et moyennes entreprises, dont celles d'une filiale d'un grand équipementier automobile français.

La précision de ces fichiers nourrit les craintes d'escroqueries ciblées. Dans l'économie cybercriminelle, le pirate qui s'introduit dans un système n'est généralement pas celui qui exploitera ensuite les informations: les bases volées sont souvent revendues à des spécialistes de la fraude.

Un accès à distance détourné

Pour mener la première attaque, ZeroBytes affirme avoir obtenu un accès à un VPN utilisé par les agents du fisc. Ce réseau privé virtuel permet normalement de se connecter à distance et de manière sécurisée aux outils internes de l'administration.

Selon le récit du groupe, cet accès lui aurait permis d'aspirer près de 680.000 lignes de données avant que le fisc ne coupe la connexion.

Une seconde intrusion, menée fin juillet, a visé le Serveur professionnel de données cadastrales (SPDC), qui donne accès à des informations sur les propriétés immobilières.

La DGFiP avait reconnu vendredi avoir subi une attaque "plus sophistiquée" que les précédentes.

"Leur profil me semble totalement crédible", estime auprès de l'AFP Sébastien, du site spécialisé FrenchBreaches, qui a été le premier à documenter l'affaire.

Selon lui, l'intrusion témoigne moins d'un exploit technique que d'une possible "faiblesse de la DGFiP". Il s'interroge notamment sur l'absence apparente d'alerte face à l'extraction de centaines de milliers de lignes de données.

"On a quelqu'un qui manifestement joue un peu en donnant au fur et à mesure les choses", avait regretté la directrice générale de la DGFIP Amélie Verdier vendredi lors d'un point avec la presse.

Déjà un pedigree

Avant de s'en prendre au fisc, ZeroBytes avait déjà revendiqué sur des forums du dark web des piratages visant les supermarchés Intermarché et la Fédération française de handball.

Le groupe a également affirmé pendant l'été avoir volé des données à un grand opérateur téléphonique français et à un groupe hôtelier. Ces deux attaques n'ont pas été confirmées par les entreprises concernées.

Sur les forums de vente de données volées, les organisations françaises figurent régulièrement parmi les cibles. Elles seraient "faciles à pirater", affirme ZeroBytes pour expliquer son intérêt pour la France.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête, notamment pour "extraction frauduleuse de données" et "association de malfaiteurs". Le Premier ministre Sébastien Lecornu a, de son côté, convoqué une réunion de crise interministérielle.

Les pirates risquent dans cette affaire sept ans de prison pour "extraction frauduleuse de données".

Les 678.000 usagers concernés devaient commencer à être contactés individuellement à partir de lundi afin d'être mis en garde contre de possibles escroqueries ciblées.

O.Somerville--NG