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Les agriculteurs accentuent la pression sur le gouvernement et sur Bruxelles
Les agriculteurs accentuent la pression sur le gouvernement et sur Bruxelles / Photo: Christophe ARCHAMBAULT - AFP

Les agriculteurs accentuent la pression sur le gouvernement et sur Bruxelles

Départ de convois pour Paris ou rassemblements locaux: les actions des agriculteurs diffèrent mardi selon les syndicats, dont deux sont reçus à Matignon en fin d'après-midi après une ultime concession budgétaire de Bruxelles pour essayer de faire passer la pilule de l'accord UE-Mercosur.

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"Il y a une forme d'incompréhension et de défiance vis-à-vis de la parole publique. Ce dont nous avons besoin, ce sont des actes, des décisions qui se voient dans les cours de ferme", a déclaré sur TF1 Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, qui sera reçu à 17H30.

Signe que la pression monte sur le gouvernement, onze ministres se sont réunis en fin de matinée sur les questions agricoles autour de Sébastien Lecornu mais aucun n'a fait d'annonce à l'issue ou devant l'Assemblée dans l'après-midi.

Les annonces gouvernementales ont jusque-là été jugées insuffisantes pour répondre aux multiples crises auxquelles les agriculteurs font face: épizootie de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) chez les bovins, faible cours du blé et prix élevé des engrais, menace d'une concurrence accrue des pays latino-américains du Mercosur...

Un arrêté pour empêcher d'importer en France des produits agricoles notamment sud-américains (avocats, goyaves, mangues mais aussi cerises, melons...) traités avec des substances chimiques interdites dans l'Union européenne doit être publié mercredi.

La Commission européenne aura dix jours pour s'y opposer éventuellement mais elle pourrait aussi l'étendre à toute l'Union, a indiqué mardi le ministère de l'Agriculture à des journalistes.

- Pression sur Bruxelles -

La perspective d'une signature de l'accord de libre-échange UE-Mercosur dans les prochains jours, souhaitée par la Commission européenne, est un "chiffon rouge", pour Arnaud Rousseau, "de nature à (entraîner) des mobilisations plus importantes" alors que le syndicat s'est borné pour l'instant à appeler à des actions locales, devant les préfectures.

Même son de cloche chez ses alliés des Jeunes agriculteurs reçus lundi à Matignon, qui ont promis un rassemblement le 19 janvier devant le Parlement européen à Strasbourg.

Les ministres européens de l'Agriculture seront mercredi à Bruxelles pour une réunion spéciale sur le Mercosur mais aussi sur la politique agricole commune (PAC).

Avant même la réunion, Bruxelles a promis une rallonge budgétaire de 45 milliards d'euros pour l'agriculture alors que le projet de la Commission pour la PAC 2028-2034 comportait initialement une baisse et une nouvelle répartition des fonds. Comme une ultime concession aux agriculteurs avant la signature de l'accord UE-Mercosur.

Cette somme est une anticipation de versement de fonds qui auraient été potentiellement disponibles plus tard, lors d'une révision à mi-parcours de la future PAC.

"Pas un euro ne manquera par rapport au budget existant" de la PAC, a assené la ministre française devant l'Assemblée qui portera aussi à Bruxelles l'opposition au traité de libre-échange et une suspension de la taxe carbone européenne sur les engrais.

- "Cortèges pacifiques" -

Si la FNSEA et les JA promettent des actions fortes après une éventuelle signature, la Coordination rurale a haussé le ton dès lundi à sa sortie de Matignon.

Son président Bertrand Venteau s'est insurgé contre l'interdiction des convois de tracteurs qu'il prévoyait d'envoyer à Paris et maintenu son appel à "monter" sur la capitale.

Des cortèges sont partis de plusieurs départements, Corse comprise, mais surtout depuis le Sud-Ouest, épicentre de la contestation depuis décembre.

Un convoi de véhicules et de tracteurs s'est élancé de Cancon dans le Lot-et-Garonne. "On n'est pas des bandits. On va rouler (...) On veut juste porter nos revendications là-haut à Paris", a déclaré le président de la CR 47 José Pérez.

"Le but c'est de prendre d'assaut la ville, de la bloquer entièrement tant qu'on n'a pas de réponse", a déclaré à l'AFP Lionel Candelon, président CR de la chambre d'agriculture du Gers.

Bertrand Venteau a assumé lundi de ne vouloir "rien lâcher" notamment sur le sujet des abattages de l'intégralité d'un foyer à partir du moment où un cas de dermatose nodulaire contagieuse y est détecté.

La fin de l'abattage total est aussi une demande de la Confédération paysanne, qui sera reçue à Matignon à 19H00 et qui a été, avec la CR dans le Sud-Ouest, un moteur de la contestation, ravivée début décembre par la gestion de la crise sanitaire par l’État.

O.F.MacGillivray--NG