Nottingham Guardian - Derrière l'empreinte carbone de l'IA, un possible outil pour le climat

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Derrière l'empreinte carbone de l'IA, un possible outil pour le climat
Derrière l'empreinte carbone de l'IA, un possible outil pour le climat / Photo: Kathleen Flynn - GETTY/AFP

Derrière l'empreinte carbone de l'IA, un possible outil pour le climat

La construction effrénée de centres de données pour alimenter l'intelligence artificielle fait bondir les émissions de gaz à effet de serre du secteur technologique, mais en améliorant les réseaux électriques ou les prévisions météo, l'IA peut aussi devenir un allié dans la lutte contre le dérèglement climatique.

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A la grande conférence annuelle des Nations unies sur le climat en novembre en Turquie, la COP31, les organisateurs souhaitent promouvoir une "IA responsable pour le climat".

"Les centres de données constituent un véritable défi (...). Les inquiétudes sur les implications de leur essor pour les systèmes énergétiques, pour le secteur de l'énergie, pour le climat, sont légitimes", explique à l'AFP Siddharth Singh, spécialiste de l'IA à l'Agence internationale de l'énergie (AIE).

Mais l'IA "est aussi un outil et représente en ce sens une opportunité. Tout dépend de la manière dont elle est utilisée", ajoute-t-il.

Selon plusieurs experts, la plupart de ces applications sont d'ailleurs bien moins gourmandes en énergie que les modèles utilisés pour ChatGPT, Claude ou Copilot.

Optimiser les énergies renouvelables

Dans des systèmes énergétiques de plus en plus complexes, l'IA sert déjà à optimiser les réseaux électriques, pour mieux gérer l'intermittence des énergies renouvelables par exemple.

Grâce à des prévisions très localisées de la couverture nuageuse, de l'ensoleillement ou du vent, la technologie permet notamment d'anticiper plus précisément la production d'électricité renouvelable et de limiter ainsi les périodes où les éoliennes ou les panneaux solaires doivent s'arrêter car le réseau ne peut absorber toute l'énergie disponible.

Selon l'AIE, si elle était déployée à grande échelle dans les transports, l'industrie et les bâtiments, l'IA pourrait permettre d'économiser 13,5 exajoules d'énergie d'ici 2035, soit l'équivalent de la consommation énergétique annuelle de l'Indonésie.

Au niveau des particuliers, programmer automatiquement un lave-linge lorsqu'il y a un surplus d'électricité solaire disponible grâce à l'IA peut réduire son empreinte carbone, explique aussi Siddharth Singh.

L'organisation environnementale WattTime aide déjà des entreprises à programmer la recharge de véhicules électriques, de téléphones ou d'autres appareils durant les périodes où l'électricité provient de sources moins émettrices de gaz réchauffant la planète.

"La prévision est une des forces de l'IA", souligne Gavin McCormick, cofondateur de WattTime.

Une "révolution" dans les prévisions météo

"L'IA a véritablement révolutionné la prévision météorologique car il est désormais possible de prévoir le temps beaucoup plus vite, avec un très haut niveau de précision et de performance", affirme Florian Pappenberger, directeur général du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF).

Les prévisions fondées sur l'IA reposent toujours sur des modèles physiques classiques, mais elles permettent à l'ECMWF d'accomplir en deux ans ce qui aurait auparavant nécessité dix ans de travail, explique-t-il à l'AFP.

Elles sont également bien moins coûteuses que les approches traditionnelles, ce qui permet de produire davantage de prévisions.

L'IA peut aussi être utilisée pour améliorer les systèmes d'alerte; Google affirme ainsi pouvoir anticiper les crues fluviales jusqu'à sept jours à l'avance dans plus de 150 pays.

Plutôt que de remplacer les humains ou les méthodes existantes, "c'est comme si l'on nous donnait des super-pouvoirs pour faire encore mieux ce que nous faisions déjà", dit Florian Pappenberger.

Repérer les émissions polluantes

Associée aux satellites, l'IA peut détecter plus facilement les émissions de gaz à effet de serre sur les puits de pétrole, les mines ou les décharges.

Climate TRACE, une organisation cofondée par Gavin McCormick, a ainsi pu établir un inventaire détaillé des polluants émanant de sites répartis dans le monde entier.

"Grâce à l'IA, Climate TRACE a pris vingt ans d'avance", affirme M. McCormick.

"Nous sommes en mesure de fournir des inventaires d'émissions à toutes les villes, qui peuvent les utiliser pour élaborer des plans d'action climatique. Sans l'IA, cela n'aurait tout simplement pas été possible."

Aussi utile pour les pétroliers

Le secteur des énergies fossiles utilise l'IA depuis longtemps pour améliorer sa production, en analysant d'immenses volumes de données géologiques et localisant plus efficacement les ressources souterraines.

"Sous cet angle, l'IA peut également avoir un impact négatif sur le climat", souligne Maria Joao Sousa, directrice de l'organisation Climate Change AI, qui promeut l'utilisation de l'intelligence artificielle dans l'action climatique. Au service d'une action coordonnée dans de nombreux secteurs.

Pour elle, "la technologie, à elle seule, ne constituera jamais la solution."

M.Sullivanv--NG