L'influenceur Jeremstar obtient la relaxe après une action anti-corrida
L'influenceur Jeremstar a été relaxé mardi par le tribunal correctionnel de Nîmes où il était jugé pour avoir fait irruption dans les arènes de la ville en pleine corrida pour dénoncer les spectacles de tauromachie.
"Le tribunal a considéré que l'activité de corrida ne saurait revêtir la qualité de sport et que dès lors, les arènes ne constituaient pas une enceinte sportive. Dans ces conditions, les délits ne sont pas constitués", a déclaré la présidente du tribunal Anne-Carine David.
Elle a prononcé la "relaxe" de Jeremstar, Jérémy Gisclon de son vrai nom, et des quatre activistes anti-corrida qui étaient jugés à ses côtés pour avoir surgi au milieu de l'arène de la ville antique en septembre 2025, en brandissant un tissu portant l'inscription "F*CK la CORRIDA".
Lors de l'audience le 2 avril, le parquet avait requis à son encontre une amende de 5.000 à 6.000 euros, avec interdiction de fréquenter les arènes, alors qu'il encourait en théorie jusqu'à un an d'emprisonnement.
Jeremstar était poursuivi pour être "entré illégalement dans une enceinte sportive troublant le déroulement de la compétition", selon un article du code du sport.
Le tribunal devait dès lors principalement trancher sur le point de savoir si les spectacles tauromachiques peuvent être considérés comme des compétitions sportives, ce que les anticorridas contestent.
"Il s'agit de savoir s'il y a une intrusion sur une aire de compétition dans une enceinte sportive, pas de prendre partie pour ou contre la corrida, pour ou contre la cause animale", avait souligné dans son réquisitoire le procureur, Frédéric Kocher.
Pour le représentant du ministère public, la corrida est bien une "compétition contre un taureau et entre toreros", puisqu'il y a un "affrontement, un combat, avec certes un rituel de mise à mort".
Défenseur de la cause animale, le blogueur de 39 ans aux 2,5 millions de followers sur Instagram et 2,9 millions sur TikTok a été accueilli à la mi-journée devant le tribunal, situé juste à côté des arènes, par entre 100 et 200 fans dont beaucoup portaient des pancartes indiquant "Abolissons la corrida!".
Lui-même portait un t-shirt avec l'inscription "Torturer des taureaux est un crime".
Devant le tribunal, quelques jeunes hommes ont aussi lancé des "Vive la corrida", récoltant une bordée de huées des "anti".
La corrida, spectacle de tauromachie d'origine espagnole dans lequel un torero (ou matador) affronte et met à mort un taureau de combat, provoque régulièrement des débats dans l'Hexagone entre défenseurs de cette "tradition culturelle régionale" et militants de la cause animale.
M.Scott--NG