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Syrie: plus de 2.000 proches de jihadistes toujours aux mains des Kurdes
Syrie: plus de 2.000 proches de jihadistes toujours aux mains des Kurdes / Photo: Delil SOULEIMAN - AFP

Syrie: plus de 2.000 proches de jihadistes toujours aux mains des Kurdes

Quelque 2.200 proches de jihadistes présumés d'une cinquantaine de nationalités se trouvent toujours dans un camp du nord-est de la Syrie sous le contrôle des Kurdes malgré un accord d'intégration des institutions kurdes au sein de l'Etat syrien.

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Une équipe de l'AFP qui s'est rendue lundi dans le camp de Roj, où se trouvent notamment des Russes, des Français et des Britanniques, a pu voir des femmes en niqab, des enfants et des adolescents circuler parmi les tentes de toile. Certains ont refusé d'être filmés.

Deux sources officielles syriennes ont indiqué à l'AFP que le transfert de la gestion du camp au pouvoir central allait encore prendre du temps.

"Le camp de Roj abrite 729 familles de Daech (acronyme arabe du groupe Etat islamique, NDLR), soit plus de 2.200 personnes", a déclaré à l'AFP la responsable du camp, Hakmieh Ibrahim.

"Il n'y a pas eu de changement dans l'administration jusqu'à présent", a-t-elle ajouté.

Le camp, gardé par des forces de sécurité kurdes, abrite selon elle des familles d'une cinquantaine de nationalités, les Russes formant le groupe le plus important.

Les Français sont évalués à une quarantaine de familles, et le camp compte également des proches de jihadistes originaires d'Allemagne, de Turquie, et de pays arabes dont la Tunisie et le Maroc.

L'une des habitantes les plus connues du camp est Shamima Begum, déchue de sa nationalité britannique après avoir quitté le Royaume-Uni en 2015 à l'âge de 15 ans avec deux amies pour épouser un combattant de l'EI.

Les Kurdes, qui contrôlaient pendant la guerre de vastes parties du nord et du nord-est de la Syrie, avaient conclu en janvier un accord avec Damas pour intégrer leurs institutions civiles et militaires au sein de l'Etat.

L'accord était intervenu sous la pression d'une offensive lancée par les forces du président islamiste Ahmad al-Chareh, qui veut réunifier la Syrie après avoir renversé Bachar al-Assad en décembre 2024.

En août, le chef des puissantes Forces démocratiques syriennes (FDS, dominées par les Kurdes) Mazloum Abdi avait annoncé leur dissolution.

Roj est le dernier camp resté sous contrôle kurde, après le retrait des forces kurdes de celui, plus grand, d'al-Hol lors de l'offensive du gouvernement.

Al-Hol accueillait plus de 23.000 personnes dont des Syriens mais aussi plus de 6.000 étrangers d'une quarantaine de pays. La plupart ont quitté le camp pour des destinations inconnues pendant et après les violences.

Mardi, un responsable du gouvernement syrien qui suit la question des combattants de l'EI et de leurs familles a déclaré à l'AFP que "l'intégration du camp de Roj, comme d'autres institutions, est en cours".

"Le transfert de son administration prendra du temps", a-t-il ajouté, en soulignant ses dimensions "humanitaires et politiques complexes" ainsi que le fait que "des parties étrangères" sont impliquées, en référence aux pays refusant de rapatrier leurs ressortissants.

Un responsable du ministère de l'Intérieur syrien, qui a également demandé à rester anonyme, a déclaré à l'AFP que le camp de Roj "fait partie d'un problème général sur lequel on travaille".

En février, plus de 5.700 personnes soupçonnées d'être membres de l'EI ont été transférées en Irak par les États-Unis, après des années passées dans des prisons supervisées par les FDS.

Les FDS avaient défait, avec l'appui d'une coalition multinationale dirigée par les Etats-Unis, l'EI en Syrie en 2019 et capturé des milliers de combattants présumés du groupe jihadiste ainsi que des membres de leurs familles.

strs-lar/lg/at/vl

P.Connor--NG