Nottingham Guardian - Affaire Cornell: la gouverneure de New York veut changer la loi sur les victimes de viol en état d'ébriété

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Affaire Cornell: la gouverneure de New York veut changer la loi sur les victimes de viol en état d'ébriété
Affaire Cornell: la gouverneure de New York veut changer la loi sur les victimes de viol en état d'ébriété / Photo: SPENCER PLATT - GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP

Affaire Cornell: la gouverneure de New York veut changer la loi sur les victimes de viol en état d'ébriété

La gouverneure de l'État de New York, Kathy Hochul, a promis vendredi de réformer une loi polémique qui rend difficile pour une victime de faire reconnaître un viol si elle avait absorbé au préalable de l'alcool ou des stupéfiants de son plein gré.

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Le fait d'être en état d'ébriété ou sous l'emprise de drogues après une consommation volontaire "ne donne pas licence pour une agression sexuelle ou un viol en réunion", a déclaré l'élue en référence à ce texte qui fait écho à une affaire impliquant des étudiants de l'université Cornell.

Le procureur du comté de Tompkins (nord de l'État de New York), où se trouve le campus, a annoncé lundi la réouverture d'une enquête sur un viol en réunion présumé remontant à octobre 2024, après qu'une jeune femme a saisi la justice civile.

Âgée de 20 ans au moment des faits, elle affirme avoir été violée par sept étudiants, tous membres de la fraternité Chi Phi, alors qu'elle avait consommé de l'alcool et de la kétamine.

L'affaire a déclenché une vague d'indignation, sur le campus de Cornell et au-delà, beaucoup la considérant comme emblématique d'une culture liée aux fraternités dans les universités.

Le procureur Matthew Van Houten, qui était déjà en fonction en 2024, a expliqué ne pas avoir donné suite à une première plainte car les éléments transmis par la police faisaient état, selon lui, de rapports consensuels.

Selon plusieurs médias, la police aurait expurgé une partie de la déposition de la plaignante dans laquelle elle qualifiait les faits de viol et assurait avoir été contrainte.

Jeudi, Kathy Hochul a désigné la procureure de l'État de New York Letitia James comme procureure spéciale chargée de l'enquête.

La démocrate, qui a notamment mené des investigations contre Donald Trump, s'est engagée à "examiner les faits, rassembler les preuves, interroger les témoins et, si cela est justifié, engager des poursuites".

"Si quelqu'un est trop diminué" par les effets de l'alcool, des stupéfiants, ou des deux, "le fait que la consommation ait été volontaire ou non ne devrait pas entrer en compte", a martelé Kathy Hochul.

"Je suis favorable à changer cette loi et je vais travailler avec le Parlement de New York pour y parvenir", a-t-elle annoncé.

- Le procureur mis en cause -

Une proposition de loi avait déjà été déposée en ce sens l'an dernier par l'élu à la chambre basse de l'État de New York Jeffrey Dinowitz.

"Régulièrement, des procureurs sont dans l'incapacité de poursuivre des agresseurs sexuels (présumés) à cause de cette lacune dans les textes", a souligné cet élu sur X.

Près de 20 États américains sont régis par des textes similaires.

Plusieurs autres ont modifié leur législation ces dernières années, notamment le Texas, en 2025, inspiré par le cas d'une ancienne étudiante de l'université du Texas violée dix ans plus tôt lors d'une fête organisée par une fraternité.

Le Minnesota (2021) et le Michigan (2023) en avaient déjà fait de même.

"C'est incroyable que cette disposition existe encore", avance Shiwali Patel, du National Women's Law Center. "Elle a un impact énorme parce qu'une majorité significative des agressions sexuelles sur les campus impliquent de l'alcool et des drogues."

Selon une étude publiée en 2020 par l'Association des universités américaines et portant sur 33 établissements, un quart des étudiantes en équivalent licence (bachelor's degree) indiquaient avoir été victimes d'un contact sexuel forcé ou sans possibilité de consentement.

Concernant l'affaire de Cornell, Kathy Hochul a mis en cause la police de l'université, se disant "troublée" par "la manière dont ils ont traité" ce dossier.

Elle s'est aussi étonnée que le procureur Van Houten, ayant reçu des informations sur une agression sexuelle présumée, n'ait pas pris "le temps d'auditionner cette jeune femme pour poser davantage de questions", préférant se fier à "un rapport partiel".

La fraternité à laquelle appartenaient les étudiants a été fermée et ceux-ci ont écopé de sanctions allant "jusqu'à l'exclusion et la suspension", selon un porte-parole de Cornell.

O.F.MacGillivray--NG