Les marchés mondiaux misent sur une poursuite du cessez-le-feu
La Bourse de New York a clôturé en hausse jeudi, les investisseurs saluant l'appel du Premier ministre israélien à des "négociations directes" avec le Liban, tandis que les marchés boursiers européens - déjà fermés au moment de l'annonce - n'ont pas profité de ce rebond.
Au deuxième jour de la trêve entre Washington et Téhéran, Benjamin Netanyahu a annoncé avoir ordonné à son cabinet d'engager des "négociations directes" avec le Liban. La veille, le pays voisin avait été visé par des frappes meurtrières.
Des pourparlers entre les deux pays auront lieu la semaine prochaine à Washington, ont confirmé jeudi auprès de l'AFP un responsable du département d'Etat et une source proche du dossier.
En baisse à l'ouverture Wall Street s'est retournée dans la foulée de ces annonces, terminant en hausse (Dow Jones: +0,58%, Nasdaq: +0,83%, S&P 500: +0,62%). Et les cours du pétrole ont modéré leur hausse.
Alors qu'il avait repassé le seuil symbolique des 100 dollars en cours de séance, le baril de West Texas Intermediate (WTI) a finalement clôturé à 97,87 dollars (+3,67%).
Le baril de Brent de la mer du Nord a pris 1,24% à 95,92 dollars.
L'annonce de pourparlers entre le Liban et Israël dissipe quelque peu les inquiétudes sur la solidité du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran.
"Mais l'instabilité géopolitique liée au conflit au Moyen-Orient reste forte", notent les analystes de Briefing.com.
Les regards sont notamment braqués sur le détroit d'Ormuz, annoncé rouvert dans le cadre de la trêve mais qui pourrait être miné, selon la mise en garde de Téhéran.
Un pétrolier non-iranien, le premier depuis l'annonce du cessez-le-feu, a franchi jeudi ce passage stratégique par où transite un cinquième du pétrole mondial, et dont la réouverture était une condition de l'arrêt des hostilités.
En Europe, les Bourses étaient d'ores et déjà fermées lors de l'annonce de Benjamin Netanyahu. Les investisseurs se sont donc montrés plus prudents.
Francfort a perdu 1,14%, Paris a reculé de 0,22%, tandis que Londres a terminé à l'équilibre (-0,05%) et Milan a avancé de 0,50%.
Le dollar se replie encore
Le dollar recule encore jeudi, face aux espoirs de la solidité du cessez-le-feu entre Washington et Téhéran.
Vers 20H50 GMT, le billet vert perdait 0,28% face à la monnaie unique européenne, à 1,1696 dollar pour un euro.
Avec la guerre au Moyen-Orient, le dollar a été "soutenu par la hausse des prix du pétrole, la remontée des rendements et la demande de valeur refuge liée aux tensions géopolitiques", résume Stephen Innes, analyste de SPI Asset Management.
Depuis l'annonce de la trêve, le dollar a perdu environ 1% face à l'euro.
Rebond des taux
La persistante menace de l'inflation provoque une remontée des taux d'intérêt sur le marché de la dette des Etats.
Le rendement sur dix ans de la dette allemande est remonté à 3,01% contre 2,94% la veille. Le taux français a progressé à 3,65% contre 3,58% la veille.
Les risques de hausse des prix maintiennent les banques centrales en alerte, toujours prêtes à dégainer l'arme du relèvement des taux directeurs.
"Fin mars, l'OCDE a estimé que l'inflation atteindrait les 4,2% cette année outre-Atlantique", rappelle Grégoire Kounowski, conseiller en investissement chez Norman K.
"Nommé par Donald Trump pour assouplir la politique monétaire de la Fed, Kevin Warsh pourrait donc avoir des difficultés à baisser les taux pour satisfaire le président américain", ajoute-t-il.
A.MacCodrum--NG