Affaire Cambridge Analytica: Facebook a trompé ses utilisateurs, juge un jury du Nouveau-Mexique
Un jury du Nouveau-Mexique a estimé vendredi que Facebook avait trompé les habitants de cet Etat américain sur l'utilisation de leurs données personnelles, dans un procès issu du scandale Cambridge Analytica, selon des médias américains.
Le Nouveau-Mexique est le seul Etat à avoir porté devant un tribunal ce scandale, dans lequel le cabinet de conseil britannique avait exploité à des fins politiques les données de dizaines de millions d'utilisateurs de Facebook, collectées à leur insu.
Les autres Etats qui poursuivaient Meta pour ce scandale ont soldé leurs réclamations fin août, contre 459 millions de dollars, dans le cadre d'un accord plus large sur la protection des mineurs signé avec la maison mère de Facebook, Meta, auquel le Nouveau-Mexique n'est pas partie.
Les jurés de Santa Fe ont estimé que les agissements reprochés à Facebook avaient touché l'ensemble des quelque 2,1 millions d'habitants de l'Etat. Il revient désormais au juge Francis Mathew de fixer la sanction. L'Etat réclame le maximum légal de 5.000 dollars par infraction. Il entendait réclamer jusqu'à près de 63 milliards de dollars, selon un document boursier de Meta.
L'Etat, qui avait porté plainte en 2021, reprochait à Facebook d'avoir trompé ses utilisateurs sur l'accès des applications tierces à leurs données et de ne pas les avoir prévenus de leur détournement.
Selon le média spécialisé MLex, les jurés ont notamment jugé trompeuse la promesse du patron de Facebook, Mark Zuckerberg, de prévenir les utilisateurs victimes de tels détournements.
La défense de Meta a soutenu que le réseau social ne vendait pas de données permettant d'identifier ses utilisateurs.
"Nous contestons ce verdict et continuerons à nous défendre contre les tentatives de déformer notre bilan", a réagi un porte-parole de Meta auprès de l'AFP.
Ce verdict s'ajoute à une série de revers judiciaires pour le groupe de Mark Zuckerberg cette année, dont il a fait appel.
En mars, un jury de Los Angeles avait pour la première fois jugé Meta et Google responsables des effets de l'addiction d'une adolescente à Instagram et YouTube.
Le même mois, un jury de Santa Fe avait infligé à Meta une amende de 375 millions de dollars pour avoir trompé le public sur les dangers de ses plateformes pour les enfants, avant qu'un juge ne lui ordonne en août de financer un fonds de 567 millions, portant l'addition à 942 millions dans cet Etat.
Fin août, en plein procès à Oakland, le groupe a accepté de payer jusqu'à 18 milliards de dollars pour mettre fin aux poursuites de 51 Etats et territoires qui l'accusaient d'avoir conçu Facebook et Instagram pour rendre les enfants accros. Meta n'a reconnu aucune responsabilité.
M.Scott--NG