Crues: la Garonne, en vigilance rouge, déborde au sud-est de Bordeaux
"Si l'eau grimpe jusqu'au sommet de la digue, ce sera le début des problèmes": à La Réole (Gironde), la crue de la Garonne, en vigilance rouge, avait inondé l'une des rives jeudi mais le pic n'est pas encore atteint.
Au sud-est de Bordeaux en direction d'Agen, une portion du fleuve est placée en alerte maximale par l'organisme de surveillance Vigicrues depuis mercredi. Outre La Réole, les communes de Langon (Gironde), Marmande et Tonneins (Lot-et-Garonne) sont aussi concernées alentour.
"On nous avait annoncé un pic à neuf mètres, malheureusement il y a eu beaucoup de pluie, les débits en amont sont très importants, donc il y a fort à parier que ce sera plus", estime le maire de La Réole, Bruno Marty.
En l'état des prévisions, la hauteur d'eau maximale sur la commune devrait se situer entre la crue de 2019 et celle de 2021, soit entre 8,9 et 9,7 m. Selon les relevés de Vigicrues, le niveau est monté de deux mètres sur les dernières 24 heures à La Réole, dépassant 8,30 m vers 15H30 jeudi.
Mercredi soir, une trentaine de personnes avaient été évacuées préventivement sur les quais, où l'eau a inondé commerces et habitations.
- Rez-de-chaussée inondé -
"Je me suis retrouvée avec un mètre d'eau au rez-de-chaussée", témoignait jeudi Sidonie Laforge, 58 ans, évacuée par six agents municipaux à bord d'une embarcation pneumatique.
La crue de la Garonne, alimentée par les dernières pluies intenses tombées dans la région sur des sols déjà gorgés d'eau, intervient alors que la tempête Nils a balayé la région dans la nuit de mercredi à jeudi.
"Beaucoup d'arbres ont été arrachés alentour, neuf employés dans mon garage se retrouvent au chômage partiel parce qu'on n'a pas d'électricité", relatait Pascal Trenque, 59 ans, responsable d'atelier, sur la berge de Réole.
En face, un quartier est desservi par un pont déjà fermé aux voitures mais qui pourrait être interdit aux piétons si la température baissait sous les 5°C, en raison de sa structure métallique fragile.
"Ses habitants se retrouveraient ainsi, pour la première fois, complètement isolés et psychologiquement, ce n'est pas possible", souligne le maire, qui n'excluait pas des évacuations le cas échéant.
- "Ça effraie un peu" -
Plus en amont du fleuve, vers Marmande, la crue a transformé un parc en immense étendue d'eau. "Là, normalement, il y a un stade de foot. Vous voyez les cages? On les aperçoit à peine! Ça effraie un peu, la vigilance rouge, j'espère que ça ne va pas monter plus haut", s'inquiète Tarik Marzouq, cariste de 24 ans.
Le pic de la crue est attendu pour l'instant dans la nuit de samedi à dimanche mais reste "difficile à prévoir", selon Olivier Duthille-Pairault, chef du service des risques naturels hydrauliques à la Direction régionale de l'Environnement (Dreal) en Nouvelle-Aquitaine.
Sur les 27 tronçons que ses équipes surveillent dans la région, outre celui de la Garonne en vigilance rouge, six sont en vigilance orange et 10 en vigilance jaune.
Plus au nord, une crue importante touche notamment la Vézère en Dordogne, où des personnes ont également été évacuées de façon préventive à Montignac-Lascaux. "On a commencé par les plus fragiles", indiquait jeudi matin à l'AFP le maire de la commune, Laurent Mathieu.
N.Handrahan--NG